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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 15:34

moulin-ancien

 

Certaines cartes postales n'ont aucune valeur documentaire jusqu'à ce qu'un événement se produise et vienne leur donner un peu d'intérêt.
Pour les gens qui s'intéressent à la question, il est certain qu'une photographie d'un bâtiment presque anonyme sans scène animée ne trouvera grâce qu'auprès d'un collectionneur local
Cette carte des grands moulins à Lignières, dans le département du Cher montre une de ces minoteries de l'ère industrielle comme il en existe un peu partout. Comme on le voit au débit de la rivière, le bief était assez important pour entretenir une chute capable d'entraîner les meules à grain.
Comme la majorité de ses concurrents, le moulin a fini par abandonner son activité, mais le bâtiment était toujours là.
Il y a quelques années, un grave incendie a ravagé le site, le condamnant à la ruine. Le coût des travaux qui seraient nécessaires pour le restaurer est si élevé que tôt ou tard le moulin finira sous le godet d'une pelleteuse.
Cette carte aura pris, malheureusement pour le paysage urbain du petit bourg de Lignières, une valeur documentaire qu'elle n'a pas encore aujourd'hui.

 

 

moulin-actuel

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Published by Olivier Trotignon, historien - dans département du Cher
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 08:20

 

calendrier-2

 

Ceux de mes lecteurs qui ont fait leur service militaire auront sans doute, comme moi, une pensée pour le soldat Duclos, de la sixième compagnie, dont le calendrier personnel s'est retrouvé, de manière fort improbable, vendu au prix de 1 franc il y a pas mal d'années sur une bourse aux vieux papiers.

Vieux de 110 ans, ce calendrier en carton rigide présente la curiosité d'avoir été anoté par son propriétaire de petites expressions de caserne dont cette sentence vengeresse: "Calot les officiers" pour le jour tant espéré de la libération.

Il existe des études qui portent sur le folklore particulier du monde de la troupe à l'époque de la conscription, tant dans les rites que dans le vocabulaire très particulier en usage dans les cours et les chambrées. Même si celui ci avait beaucoup évolué au moment où j'ai fait moi-même mon temps, la tradition du petit calendrier sur lequel on biffait les jours dans les trois derniers mois était encore bien vivace dans les années 80.

Bonne année à toutes et tous!

 

calendrier-1

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 16:35

Ainay-le-vieil

 

J'ai trouvé cette carte, au demeurant sans grande originalité, de la place de l'église du village d'Ainay-le-Vieil, dans le sud du Cher. Presque rien n'a changé dans cette bourgade, à part l'éclosion inévitable d'un quartier pavillonnaire en limite d'agglomération et, surtout, la disparition de tous ses commerces et d'une bonne partie de son tissu économique.
Pourquoi Ainay précisément, et pas une autre bourgade rurale des régions du Centre? Tout simplement parce que j'ai eu de la famille qui a vécu là, et que j'écoute par beau temps la cloche de l'église de l'endroit où j'habite. J'ai pu constater la lente déchéance de ce petit village dont la majorité des activités ont fondu avec l'exode rural, la démocratisation de l'automobile et l'évolution des modes de consommations.
Quand la personne à laquelle je songe est venue acheter une petite maison au delà de la voie ferrée, Ainay avait encore: un boulanger, un boucher-charcutier, un hôtel, une épicerie, une gare, une poste et un curé. J'ajouterai, mais ça n'entrait pas dans les préoccupations de mon ancêtre: au moins un bistrot et deux maréchaux-ferrants. C'était dans les années cinquante. A l'époque de la carte postale, il se trouvait même des prostituées comme le montre le registre des filles soumises du commissariat de Saint-Amand-Montrond. Quand j'ai emménagé au début des années quatre-vingt-dix, il restait un café, un hôtel-restaurant, une épicerie, une boulangerie et une poste. C'est elle qui a tenu le plus longtemps. Elle a fermé en 2012. Le dernier point commercial, hormis une coopérative agricole, est désormais la boutique du château, où se trouvent billetterie, souvenirs et produits culturels.
Le même phénomène a frappé tous les villages alentours. Parfois, un café, d'autres fois une boulangerie ont encore une vitrine éclairée le soir

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 19:34

bateau-le-Havre

 

Cette carte, tirée en sépia sur un papier rugueux qui gomme certains détails, a le mérite de nous faire remonter à l'époque des navettes quotidiennes entre deux pôles de l'estuaire de la Seine. La station de Trouville recevait ainsi la visite quotidienne d'un petit bateau à vapeur partant du Havre et transportant voyageurs et marchandises. Cette station balnéaire recevait ainsi de nombreux visiteurs attirés par la qualité de ses plages, lui permettant de s'attribuer le surnom de "reine des plages" inscrit sur la carte postale.
L'intérêt du document est minime, mais la photo a le mérite de représenter un de ces multiples petits navires à vapeur à une chaudière. Celui ci est doté d'un pont permettant aux voyageurs sur ce court trajet de profiter de la vue sur l'estuaire. D'une capacité limitée, l'embarcation est dotée de deux canots de sauvetage et d'une vingtaine de bouées pour secourir les passagers en perdition en cas de naufrage.
D'autres navires ont été affectés à cette navette, dont certains à propulsion par roue à aubes. 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 19:06

musée-de-l'armée

 

Dans la droite ligne d’une époque qui se passionnait pour la richesse et la variété des ethnies rencontrées par les colonisateurs européens au cours de leurs conquêtes, le musée de l’armée, à Paris, se devait, au début du XXe siècle, de présenter à ses visiteurs ses collections d’armes indigènes.
Les sujets sur la photographie illustrent une partie de l’Afrique noire: Gabon, golfe de Guinée et Afrique australe. Sur des mannequins réalistes sont exposés des costumes et des armes dont on peine à distinguer tous les détails mais qui mélangent des équipements européens (guêtres, fusil de traite) à des armes de jet et de combat rapproché: arbalète, sagaie, couteau, casse-tête, boucliers et plaque pectorales.
Ces curiosités pouvaient être ramenées des terres outre-mer par des officiers des troupes coloniales de retour de mission ou par des prêtres missionnaires dont le travail de collecte sur le terrain a souvent permis de rassembler de très intéressantes séries d’objets produits par des cultures fragiles que la colonisation commençait à dénaturer.
Notons, au pied du sujet de droite, l’indication “race cafre”, dénomination qui n’est plus, à ma connaissance, employée aujourd’hui par les chercheurs en ethnographie.

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 13:24

3-perdrix

 

Image sereine d’une ville de province saisie par le soleil d’été, cette carte postale présente peu d’intérêt, l’architecture du quartier n’ayant pas évolué. Elle a au moins le mérite de montrer un lieu particulier, l’ancien hôtel des Trois-perdrix, du nom porté depuis des siècles par le quartier où il avait pignon sur rue.
Ce petit hôtel, situé dans une rue commerçante du centre-ville, n’avait rien de ces établissements borgnes dont on décrit l’ existence dans les ports ou près des casernes à la même époque. J’ai eu pourtant la surprise de le trouver nommé dans le registre des filles soumises de l’ancien commissariat de Saint-Amand. Dans ce cahier, les policiers notaient l’identité de toutes les femmes se prostituant légalement en ville, la majorité exploitées dans la maison close “Au petit moulin rouge”, quelques unes chez elles, adresses à l’appui et les dernières tarifant leurs charmes dans des hôtels des alentours, dont celui des Troix-perdrix.
Dans cette “capitale du Boischaut” -titre assez pompeux et  auto proclamé, qui se revendique volontiers d’une rigueur morale irréprochable et où les jeunes s’ennuient, il semble qu’à trois ou quatre générations avant nous, une toute autre ambiance régnait dans ces rues ensoleillées.

 

3-perdrix-détail

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 18:48

Druses-mont-Carmel

 

Cette jolie scène semble avoir été saisie de façon spontanée, tant les hommes présents paraissent se tenir de manière naturelle. Prise quelque part en Palestine au début du XXe siècle, cette photographie représente des druzes, uniquement des hommes, se restaurant de plats posés à même le sol. On remarque qu'à la manière des musulmans, ces convives mangent avec la main droite.

Cette carte postale existe dans une version couleur, ou colorisée et est souvent interprètée comme un repas de paysans. La qualité des tenues montre que ces hommes ne sont pas en tenue de travail ordinaire, s'il s'agit bien d'agriculteurs.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 09:20

vaguemestre

 

Comme beaucoup de photos tirées d'albums de famille, la scène représentée est anecdotique. L'illustration ci-dessus date de l'année de la bataille de Verdun, et offre une vision pacifique d'une des multiples activités des soldats français à l'arrière du front, ici, la fonction de vaguemestre.

Le képi du soldat de droite porte un numéro de régiment, le 156e RI, engagé au cours de l'année 1916 dans les batailles de Verdun et de la Somme.

L'uniforme des deux vaguemestres ne témoigne pas de la dureté des combats dans lesquels a été engagée leur unité. L'ensemble de la tenue est impeccable, adaptée à la fonction (on remarque les chaussures de cyclistes couronnées par des bandes molletières sans aucune trace de boue).

Beaucoup de récits de poilus témoignent du peu de considération des hommes des tranchées à l'égard de leurs camarades de l'arrière, bien moins exposés qu'eux, mais à qui ils étaient reconnaissants d'acheminer lettres et paquets de l'arrière.Ces fonctions étaient parfois confiées à des hommes plus âgés que la moyenne des conscrits

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 18:41

 prieuré-façade

 

Cette carte, sans grande valeur historique, a quand même le mérite de montrer l'état dans lequel se trouvait le prieuré roman du village de Drevant, dans le Cher, dans les années 50.

Vendu comme bien national, ce minuscule monastère appartenant aux bénédictins marchois du Môutier-d'Ahun est devenu un bâtiment à vocation agricole, sans respect pour les œuvres d'art qui ornaient sa façade. Une ouverture avait été pratiquée à hauteur d'un niveau intérieur, condamnant un des modillons, qui fut retrouvé et remis à sa place primitive vers 1974/75.

Visiblement, le typographe a eu quelques difficultés pour lire le manuscrit qu'on lui avait confié. Ainsi la chapelle romane est devenue "romaine", erreur vénielle qui peut faire sourire aujourd'hui.

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 08:48

âne-voiture

 

Le début du XXe siècle a connu une mode qui consistait à chercher des images traditionnelles des régions pour les reproduire en cartes postales. Quelques fois riches en renseignements ethnographiques, la plupart du temps bourrées de poncifs caricaturaux, elles n'étaient pas plus néfastes qu'autre chose pour l'image des gens de la terre.
Les séries beaucoup plus récentes ont, à mon avis, contribué, à approfondir le fossé qui commençait à se creuser, à l'époque de l'exode rural, entre les Français des villes, qui étaient partis, et ceux des campagnes, qui étaient restés, les deux groupes se caricaturant réciproquement.
Cette tendance, qui n'est pas complètement éteinte, s'est atténuée avec la néo-ruralisation et le développement des résidences secondaires.
Dans ce document, datant des années 60 mais encore vendu dans un bureau de tabac de Bourges il y a une dizaine d'années, on trouve, sous la direction "artistique" de Jean-Louis Boncœur, écrivain, conteur et poète de talent, un saisissant raccourci de toutes les idées reçues censées réjouir le chaland: le vieux berger en biaude et sabots, l'âne et le paysan qui tape sur l'âne, les parisiens endimanchés qui finissent leur course dans la mare aux canards, la force du bon sens paysan opposé à l'incompétence des gens de la ville...bref, un message gentiment revanchard cherchant à venger le pauvre qui est resté au pays face au riche exilé qui circule en belle automobile, mais qui rate sa cible.
Ce genre de produit a favorisé le mépris et la moquerie vis-à-vis des ruraux, et n'a pas contribué à une hausse du niveau culturel général.
Même si ces cartes sont moins rares que celles datant d'un demi-siècle auparavant, il me semble qu'elles doivent quand même être trouver leur place dans les collections.

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Présentation

  • : Histoire et cartes postales anciennes
  • Histoire et cartes postales anciennes
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Profil

  • Olivier Trotignon, historien
  • Historien médiéviste de formation, je propose une série de photographies anciennes ou contemporaines pouvant être utiles à la connaissances des terroirs et des activités du passé.
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Conférences

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Dans l'objectif de partager avec le grand public une partie du contenu de mes recherches, je propose des animations autour du Moyen-âge et de l'Antiquité sous forme de conférences d'environ 1h30. Ces interventions s'adressent à des auditeurs curieux de l'histoire de leur région et sont accessibles sans formation universitaire ou savante préalable.
Fidèle aux principes de la laïcité, j'ai été accueilli par des associations, comités des fêtes et d'entreprise, mairies, pour des conférences publiques ou privées sur des sujets tels que:
- médecine, saints guérisseurs et miracles au Moyen-âge,
- l'Ordre cistercien en Berry;
- les ordres religieux en Berry au M.A.;
- la femme en Berry au M.A.;
- politique et féodalité en Berry;
- le fait religieux en Berry de la conquête romaine au paleo-christianisme...
Je travaille sur un projet de conférence sur les maisons-closes et la prostitution en Berry avant 1946 (animation prévue pour l'été 2013).
Renseignements, conditions et tarifs sur demande à l'adresse:
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